30.09.2017 > 25.11.2017

[In]utile

Victor Boucon

Vue de l'exposition
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition

Exposition solo 
Restitution de résidence

[IN] UTILE interroge la relation entre ce qui est à priori utile et inutile. Déconstruisant la notion d’œuvre, dévouée à la contemplation, cette installation peut être investie par d’autres artistes, mettant ainsi en lumière la complémentarité entre l’utilité de cette création et sa dimension esthétique.

L’atelier de création de l’artiste se meut temporairement en espace d’exposition. Les premiers jours de sa résidence, Victor Boucon a éprouvé la nécessité de reconstituer son espace de travail. L’absence de matériel le pousse à repenser sa pratique même. Artiste du geste, de la pratique et de l’expérience, les différents fragments de cette installation ont été élaborés afin de répondre à un besoin essentiel de l’artiste : celui de créer. Une à une, chaque nouvelle création contribue à développer une recherche plastique et esthétique autour de ces objets envisagés au delà de leur fonctionnalité, de leur utilité. Dans sa création, l’artiste dédit une partie essentielle de son temps à la dimension esthétique. 

La pratique artistique de Victor Boucon met en tension les notions d’art / d’artisanat, de savoir faire traditionnel / de technologie. 


SUBSITANCE / EXISTENCE

 

«Chez les Lapons, un harpon qui sert à chasser le phoque est ciselé, minutieusement travaillé. Quel est l’intérêt pour chasser ? Aucun. Celui qui fabrique le harpon passe sans doute plus de temps à ciseler le manche du harpon qu’à fabriquer la lame. Ce geste doit avoir un sens, ce sens n’existe que s’il donne au phoque qu’il va tuer quelque chose de somptuaire, un temps de travail inutile. Ce chasseur sait qu’au delà de la graisse, de la viande et de la peau du phoque, il y a quelque chose qui est dans le phoque. Quelque chose avec lequel on ne fait pas de vêtements, pas d’huile pour se chauffer ou pour s’éclairer mais quelque chose qui est lié à lui, qui est de l’ordre de la vie, qui est magnifique et qui est la seule chose qui mérite de vivre. Qui donne le droit de vivre au phoque ? Qui donne le droit au Lapon de tuer le phoque pour continuer à vivre? Un chasseur de phoque a une pratique esthétique, il marque son harpon et cette marque est capitale. C’est ce qui lui donne une existence et pas simplement une subsistance. Pour un chasseur de phoque, son souci dans la vie n’est pas du tout de manger du phoque ou de tuer des phoques, c’est - à travers la chasse au phoque -  d’exister et de rendre hommage au monde dans sa relation à lui ».

 

Bernard Stiegler,  À quoi sert l’art ?