11.07.2017 > 13.07.2017

Eric Bottero


Présentation des oeuvres // ateliers

" (..) Je le rejoins le 1er juillet, en pleine saison des pluies. Je trouve un artiste affairé, composant des installations et des sculptures qui mêlent pharmacopée vaudou et pharmacopée occidentale sur le métissage desquelles il invite le spectateur à réfléchir. (...)

Parti sans idées préconçues sur la manière dont il réaliserait ses sculptures, il avait en revanche quelques pistes concernant ce qu’il souhaitait faire en photographie. Dans ses bagages, il avait apporté des masques blancs destinés à l’origine à être peints par des enfants. Dans la même lignée que la composition de ses sculptures, il les a enduits avec de l’argile, de la colle à bois et de la peinture avant de les rehausser et les accessoiriser avec ces petits objets rituels trouvés sur le marché, peignes vaudou, cauris, fibres végétales et d’habiller ses modèles avec de simples étoffes blanches et monochromes. À partir de ces masques, le photographe produit deux séries : des portraits en pied de Béninois masqués et immobiles, et d’autres où ils sont en mouvement, projetés dans l’univers quotidien de Cotonou et ses alentours, le bruit de la ville et la luxuriance de la campagne. 

(...)

C’est dans ce contexte magico-religieux qu’Éric Bottero produit ses deux séries photographiques avec des Béninois masqués. Si les modèles insolites pris en pied sont en référence directe à l’une des activités de l’artiste, qui était portraitiste et photographe de mode, ceux inscrits dans un contexte urbain et rural font davantage référence à l’étrange, conjuguant fiction et réalité. Fiction, par le rôle qu’il a emprunté au féticheur en composant ses masques avec des matériaux cultuels. Réalité vécue par Éric Bottero, imprégné au quotidien de la culture vaudou, ses objets de rites, son exercice, sa pharmacopée — sur laquelle il a interagit dans ses sculptures. Fiction, en plongeant ses modèles dans un univers qui n’est pas cérémoniel, mais banal, rendu tellement ordinaire que la population alentour semble les ignorer. Réalité, en prenant les clichés et en s’appuyant sur la véracité de l’épreuve photographique, devenue document, témoignage.

C’est donc d’une empathie avec la culture béninoise dont il est question dans le travail photographique d’Éric Bottero. Ne dérogeant pas à la règle de sculpter avant de photographier, de conceptualiser avant de créer, comme dans ses précédentes séries, il donne à voir avec ses images une réactivité au monde visible en même temps qu’à celle des manifestations de l’invisible et de l’exercice d’une spiritualité, dont nous fûmes les témoins. Invoquant l’étrange dans la banalité, l’insolite dans l’ordinaire, ses images ne sont pas le fruit du hasard, mais celui d’un intérêt profond pour les cultures extra-occidentales dans le contexte desquelles l’occasion lui fut donnée de s’en inspirer."

Extrait du texte Eric Bottero : Entre fiction et réalité de Valentine Plisnier, Coordinatrice des relations Paris-Cotonou pour la Galerie Vallois.
Source : http://ericbottero.com/EXPOSITION-GALERIE-VALLOIS

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